Immigration : l’explication de texte de Nicolas Sarkozy


Un constat d’échec. Pour Nicolas Sarkozy, si l’immigration peut amener le meilleur avec « la diversité, le goût de la différence et le sens de la tolérance »… depuis 30 ans, elle a surtout apporté « le pire » en France. « Les citées ghettos », les « squats qui brûlent », les « 27 nuits d’émeutes » de la crise des banlieues… « La vérité, lance le ministre de l’Intérieur aux députés, c’est que notre système n’intègre plus personne. » « Et les immigrés sont les premières victimes de notre incapacité collective ». Cette réalité, elle « n’est glorieuse pour personne », insiste-t-il. Pour lui, aucun doute, dans ces conditions, « il ne faut pas s’étonner que les extrêmes prennent la place » autour de ces questions.

Fort de cette constatation, Nicolas Sarkozy le martèle : « Dans une démocratie moderne, l’immigration ne doit pas être un sujet tabou. ». Et de prendre l’exemple de l’Allemagne, de l’Espagne, du Royaume-Uni ou du Canada, qui ont eu « le courage » d’engager un débat « riche » et de prendre « les mesures nécessaires».

« Immigration choisie »

Ce terme « d’immigration choisie », Nicolas Sarkozy « l’assume et le revendique ». « Cette expression, dit-il, vient de la commission européenne qui nous a recommandé de le retenir. Choisir, c’est la possibilité de fixer des objectifs pour déterminer la composition flux migratoire dans l’intérêt de la France et des pays d’origine. » Et le ministre de l’Intérieur d’insister longuement sur un des points du texte : le co-développement. Pour Nicolas Sarkozy, il s’agit d’instaurer un « véritable partenariat avec les pays d’origine ».

Le ministre a profité de son intervention pour régler quelques comptes avec ceux qui lui ont reprochés un projet trop dur. « Je refuse catégoriquement les régularisations globales de sans papiers comme en 1981, 1990 ou 1997 : ce n’était pas la solution. Ces opérations massives sont dangereuses car elles créent un appel d’air : le migrant fait venir sa famille, des filières se créent. L’incarnation de ce phénomène c’est le hangar de Sangatte, symbole de la honte », s’emporte Nicolas Sarkozy. Quant à l’Eglise qui s’est inquiétée des questions de « dignité humaine » ces derniers jours, le ministre de l’Intérieur lui reconnait « d’être dans son rôle ». « Mais on ne peut pas me demander à la fois d’expulser des gens des églises et refuser de faire pour la France ce que qu’untel ou untel demande pour son église», avertit-il.

Enfin, le ministre de l’Intérieur s’en est pris aux amendements déposés par la Gauche, en regrettant « que le PS ait été dans l’incapacité de proposer des mesures positives, se bornant à des amendements de suppressions ». Et de conclure : « Seules quelques voix comme celles de Malek Boutih, Manuel Valls et Bruno Le Roux » se sont fait entendre « de manière constructive. Dommage qu’elles n’aient pas porté jusqu’à Solférino… ».