Interrogé lors de l’émission « Questions qui fâchent » sur LCi, jeudi 2 février, sur la publication des caricatures de Mahomet dans la presse européenne et française, Nicolas Sarkozy a clairement affirmé: « je préfère l’excès de caricature à l’excès de censure ». Et rappeler que la liberté d’expression est un principe démocratique selon lui non négociable.
« Pourquoi ferait-on un sort particulier à une religion » plutôt qu’à une autre s’est-il interrogé faisant référence aux nombreuses fois où « l’église catholique a été soumise au feu de la caricature ». Et si les représentants de la religion catholique ont « protesté intellectuellement pour défendre ses convictions », « cela n’a pas été au-delà ». Il a rappelé dans tous les cas que si « la caricature va au-delà du raisonnable, ce sont aux tribunaux d’en juger et non pas les autorités religieuses ou gouvernementales ». Et d’ajouter : « quand je vois qu’il y a des fatwas qui sont lancées sur les Danois (…) et que l’on prend pour cible la totalité des ressortissants et des soldats danois, c’est rien moins qu’extrêmement choquant. (…). Cela en dit long sur les conceptions démocratiques d’un certain nombre d’acteurs ».
Sur l’islam il a appelé à ne pas faire d’amalgame entre cette « religion de paix » et le terrorisme. Et rappeler son combat en tant que ministre des Cultes pour que l’islam de France ait un organisme représentatif (le CFCM) et que « soit reconnu pour tous les musulmans de France le droit de prier et de transmettre leur foi dans des conditions normales ».
Pour lui, « l’amalgame va dans le sens des terroristes », qui « ne veulent pas simplement gagner la bataille de la terreur mais gagner la bataille des idées » : « les terroristes ont un projet politique insensé qui consiste à créer un choc hypothétique des civilisations et d’expliquer à un milliard de musulmans à travers le monde qu’ils sont opprimés par l’occident et qu’il faut renverser les régimes démocratiques qui sont leurs ennemis ».
Quant à la révocation du directeur de la publication de France Soir après la publication des caricatures de Mahomet, il a jugé l’attitude de celui qui a pris une telle décision peu conforme « à une pratique démocratique normale » au regard de la liberté de la presse.