Suspendre l’élargissement de l’Union européenne


Pour le président de l’UMP, qui recevait pour la septième fois les nouveaux adhérents, le premier enseignement à tirer de la victoire non le 29 mai, « c’est de dire calmement, sereinement, qu’en Europe, on ne peut plus recevoir de nouveaux pays » et de plaider pour une suspension de « l’élargissement » de l’Union européenne, jusqu’à tant que l’Europe se dote de nouvelles institutions.

Dans ce contexte, il s’est interrogé sur l’opportunité « d’engager des négociations avec la Turquie ».

Estimant que le moteur franco-allemand n’a aujourd’hui n’a pas assez de puissance pour entraîner les 23 autres pays, « la seule solution est de créer un nouveau moteur pour la construction européenne », autour des six grands d’Europe « Allemagne, Italie, France, Espagne, Grande-Bretagne, Pologne et sans doute le Bénélux ».

Une Europe plus protectrice

En visite, la veille, dans des entreprises de Vitré dans le département d’Ille et Vilaine, le ministre de l’Intérieur a vivement attaqué le dumping fiscal, pratiqué par certains pays d’Europe centrale et l’ouverture « naïve » des frontières, faisant référence « à l’ouverture du marché européen à la Chine ».

Estimant que cette ouverture à la Chine ne s’était pas faite sur la base de la réciprocité, il a déploré que les mois perdus en négociations par le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, ont eu pour conséquence dramatique de délocaliser et détruire des milliers d’emplois.

« Ce n’est pas cette Europe que nous voulons » a-t-il déclaré, soulignant l’urgence de mettre « en place une préférence communautaire en matière commerciale ».

Se revendiquant comme un partisan de la mondialisation, il n’en accepte par pour autant les dérives, notamment sur notre propre continent : « ce que je n’accepte pas, c’est la concurrence déloyale » a-il expliqué et de citer l’exemple de « l’Estonie, qui met l’impôt sur le bénéfice des sociétés à 0%, et qui dans le même temps, demande aux autres pays d’Europe de payer des subventions pour elle ».

« On ne peut pas être suffisamment riche pour supprimer ses impôts et se prétendre tellement pauvre qu’on a besoin des subventions des autres »a-t-il encore une fois réaffirmé.

Redonner confiance

Assurant que « le chômage n’était pas une fatalité », il a estimé qu’il fallait opter pour une « stratégie offensive » en matière d’emploi, s’appuyant sur certaines mesures « comme une réforme de la prime pour l’emploi » qu’il souhaite « augmenter et mensualiser ».

Pou lui, il « y a trois secteurs stratégiques » qu’il faut explorer dans la lutte contre le chômage : « la formation » des salariés, « l’innovation industrielle » à travers les pôles de compétitivité et une politique commerciale moins « naïve » dans le cadre de l’Europe et de la mondialisation.