Pour un partenariat rénové avec l’Afrique


Les 18 et 19 mai, le ministre de l’Intérieur s’est rendu au Mali et au Bénin pour défendre la nouvelle politique d’immigration de la France et plaider pour un partenariat rénové avec l’Afrique.

Convaincu que « l’Afrique en marche peut être (..) l’un des acteurs clés du XXIè siècle et une chance pour l’Europe et la France », il a appelé à créer avec ce continent « les conditions de relations adultes, responsables et décomplexées ».

Devant des représentants de la jeunesse de la société civile malienne, il a clairement affirmé que « nous ne devons plus accepter que l’aide au développement puisse devenir une prime à la mauvaise gouvernance et aux régimes prédateurs, (…) comme nous ne pouvons plus tolérer les détournements auxquels elle donne encore trop souvent lieu ». A cet égard, il a mis en garde contre la corruption qui « doit cesser d’être regardée avec complaisance comme un mal nécessaire ». Et d’affirmer qu’en « dehors des cas de force majeure motivés par l’urgence humanitaire et la défaillance des Etats, l’aide (des pays riches) doit toujours renforcer et jamais remplacer les institutions des pays en développement, qu’il s’agisse de l’Etat ou de la société civile ». Selon lui, « il nous faut conjointement chasser les vieux démons du paternalisme, de l’assistanat et du clientélisme ». Il a souhaité « que nos relations avec l’Afrique soient l’une des orientations prioritaires de notre politique étrangère prise dans son ensemble ».

A Cotonou, au Bénin, il a appelé à construire une relation entre la France et l’Afrique « plus transparente ». « Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et des obsolescences qui perdurent de part et d’autre de la Méditerranée » a-t-il insisté.

Venu lever les malentendus et les incompréhensions sur la nouvelle politique migratoire de la France, le ministre de l’Intérieur a défendu auprès de ses interlocuteurs le concept d’immigration choisie. « Les maliens sont toujours les bienvenus en France (…) mais je veux une immigration choisie par la France et le Mali » a-t-il déclaré et d’insister sur la nécessité de « désormais mieux prendre en compte les besoins économiques » de la France en même temps que « les besoins en matière de développement » des pays d’Afrique.