Convention de l’UMP


Une immigration choisie, une immigration réussie

Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur et président de l’UMP, a rappelé que « l’immigration est une chance pour aujourd’hui » pour notre pays. Ce « discours positif sur l’immigration » qu’il entend rétablir correspond à une « condition de l’intégration ». Il s’accompagne d’un certain nombre de décisions et d’actions à mettre en oeuvre pour passer « d’une immigration subie à une immigration choisie » qui organise mieux et choisisse ses flux migratoires. Nicolas Sarkozy propose ainsi de « reconnaître au Gouvernement et au Parlement le droit de fixer chaque année, catégorie par catégorie, le nombre des personnes admises à s’installer sur le territoire. ».

Pour lui, la France soit à la tête de l’Europe « pour proposer et bâtir une stratégie migratoire adaptée aux enjeux du monde contemporain» L’expérimentation des visas biométriques, grâce à la loi du 26 novembre 2003, en est une illustration.

Les actions prioritaires à mener

1) Maîtriser les flux migratoires Pour « restaurer une vision positive de l’immigration et rendre possible l’intégration des immigrés », la maîtrise quantitative des flux est indispensable. Cela passe par la poursuite des actions de reconduites à la frontière, par la mise en place d’un suivi « entre la délivrance des visas et la délivrance des laissez-passer consulaires » et par la lutte plus efficace contre les « détournements de procédure, en particulier les mariages blancs, l’aide médicale d’Etat et la demande d’asile ». Sur ce point, « il faut imposer aux demandeurs la domiciliation fixée par l’administration ».

2) Créer un meilleur équilibre entre l’immigration de travail et l’immigration de droit. Il s’agit là de développer une stratégie gagnant-gagnant, pour le pays d’accueil et pour les pays d’origine, par un système « de points à la canadienne » qui permette aux travailleurs qualifiés, aux créateurs d’entreprises, aux chercheurs, aux professeurs d’université de venir travailler en France.

3) Revoir les règles du regroupement familial Le ministre de l’Intérieur a affirmé que le regroupement familial « constitue l’un des enjeux majeurs de l’immigration ». C’est « certes un droit, mais pas un droit qui peut s’exercer dans le mépris absolu des règles». Il préconise donc d’être « plus rigoureux sur l’appréciation des conditions de revenus, de logement, d’intégration préalables au regroupement » ; et de « créer une obligation, pour les regroupants, de prendre en charge les besoins de leur famille pendant une durée minimum. » Il propose également s’assouplir et de rendre plus rapides les procédures pour les immigrés qui respectent les lois du territoire français.

4) Mieux transmettre les valeurs de la République et l’idéal français d’intégration Nicolas Sarkozy estime qu’il faut être « plus volontariste et exigeant en matière d’accueil et d’intégration ». Ainsi, « le contrat d’accueil doit être obligatoire et le contenu des formations plus dense ».

Consolider le modèle républicain d’intégration

Partant du constat que «le modèle républicain d’intégration est autant en panne que le modèle social » et que « cette panne créé le communautarisme dont nous ne voulons pas», le Ministre de l’Intérieur a souligné la nécessité et l’urgence d’une « action volontariste de tous les acteurs de la société » « pour que l’égalité des chances ne soit plus simplement un concept, mais devienne une réalité ».

La discrimination positive est une des actions spécifiques en faveur de l’égalité des chances

En matière d’éducation, les Zones d’Education Prioritaire doivent accueillir « les meilleurs professeurs et les payer en conséquence». Elles doivent devenir des pôles d’excellence. Nicolas Sarkozy propose de fixer comme objectif « que les 5 à 10% des élèves les plus motivés de chaque établissement scolaire accèdent aux classes préparatoires et aux instituts d’études politiques ». En matière d’emploi, il souligne la nécessité de « rechercher dès maintenant la diversité dans les entreprises et dans les administrations publiques ». Enfin, dans le domaine politique, Nicolas Sarkozy s’engage à ce que l’UMP propose des candidats issus de l’immigration « en situation d’être élus » pour toute élection proportionnelle et uninominale.

Le Ministre de l’Intérieur a conclut son discours convaincu que « malgré ses fragilités, malgré ses doutes, la société française est en mesure d’accepter cet effort parce qu’il se nourrit de la volonté de consolider le modèle républicain d’intégration, et non pas de l’affaiblir ; et parce qu’il s’inscrit dans le cadre d’une remise en marche de l’ascenseur social pour tous ».