Sarkozy à l’Université de Dauphine


Devant les étudiants de Paris Dauphine, Nicolas Sarkozy a exhorté son auditoire à « ne pas se laisser voler l’idée européenne ». « Ne laissez pas détruire ce que trois générations ont construit (…)« L’Europe qui est en train de se construire sera la vôtre. L’Europe c’est une idée pour vous, elle sera ce que vous en ferez ».

Lors d’un débat devant plus de mille étudiants de l’université Paris-Dauphine, Nicolas Sarkozy a dénoncé l’attitude de certains tenants du non, parmi lesquels Laurent Fabius qui «se découvre adversaire de l’Europe après l’avoir accompagnée scrupuleusement depuis le début ». « S’il était aujourd’hui premier secrétaire du PS, il y a fort à parier que Fabius serait pour la Constitution comme il l’a été pour Maastricht et pour l’euro ». Pour lui, l’ancien Premier ministre « n’a pas réussi à prendre le PS par la droite, il essaie de le prendre par la gauche » en appelant à voter non.

Nicolas Sarkozy a dénoncé ce « paradoxe invraisemblable » qui veut que les partisans du « Non » soutiennent « une stratégie qui conduira à garder le traité unanimement décrié » de Nice. Certes, « la Terre n’arrête pas de tourner » avec une défaite du ‘Oui’ ». Mais « ceux qui vous disent ‘Non’ vous conduisent à l’immobilisme et à la perte de temps ».

Il a également jugé « ridicule de dire qu’une Constitution est libérale ou ne l’est pas ». « C’est une règle de fonctionnement entre 25 pays. Elle sera utilisée de façon socialiste si les gouvernements européens sont majoritairement socialistes » et « de façon libérale si les gouvernements européens sont majoritairement libéraux. Et pour ça, il y a les élections ! »

Si le non l’emporte, il s’est interrogé sur qui sera mandaté pour renégocier la Constitution. « Est-ce que ce sera le non de Le Pen, le non des communistes, celui de de Villiers, de Besancenot, de Fabius? Qu’est-ce qu’on fait avec tout ce bric-à-brac? », S’agissant de la Turquie, il a rappelé que son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’Europe est liée à l’idée qu’il se fait de l’Europe, « qui doit avoir des frontières et des relations qui ne sont pas Européens. »