Jeudi 14 avril à Béziers, au cours d’un meeting qui clôturait son déplacement de deux jours dans la région Languedoc-Roussillon, Nicolas Sarkozy a parlé avec ferveur et passion de la France et de l’Europe. « Il faut changer l’Europe et faire bouger la France » a-t-il lancé devant plus de 4 000 personnes qu’il a exhortées à ne pas avoir « peur de défendre des idées quand elles sont justes, par peur de soulever la chape de plomb de cette pensée unique qui a fait tellement de mal à notre pays » !
Nicolas Sarkozy en meeting à Béziers le jeudi 14 avril
Le vote Front national, un vote de désespoir …
« J’étais de ceux qui, lorsque la gauche profitait du Front national, ont refusé de se laisser aller à la diabolisation de ses électeurs » a déclaré le président de l’UMP rappelant qu’il avait toujours refusé toute forme d’accord avec cette formation
« Si tant de gens, dans cette région, se sont tournés vers cette impasse que représente Jean-Marie Le Pen, ce n’est pas parce que le FN représentait un espoir, mais parce que nous les avons déçus ».
« La droite républicaine est de retour. Vous pouvez leur dire qu’ils peuvent nous rejoindre parce que nous avons besoin d’eux » a-t-il lancé.
Récompenser la France qui travaille …
« La France, dont je rêve, est une France qui ferait une place plus importante au travail » a martelé Nicolas Sarkozy : « il n’est pas normal que la France qui se lève tôt le matin, la France qui travaille dur, la France qui construit son avenir à la sueur de son front ne puisse bénéficier de la récompense de son travail ».
Pour Nicolas Sarkozy, récompenser le travail, c’est reconnaître que la politique sociale, s’il est légitime qu’elle s’adresse en priorité « à toutes celles et ceux qui sont handicapés par la vie, qui ont souffert, qui ont mis un genoux à terre, doit aussi s’adresser à la France des classes moyennes ».
« Cette France des classes moyennes, composée de tous ceux qui sont trop riches pour être pauvres et trop pauvres pour être riches, a elle aussi le droit à un avenir ; elle aussi besoin d’avoir une espérance ».
Une France juste, ferme et généreuse
Plaidant pour une France multiple, ouverte, il a aussi défendu avec la même force l’impératif de contrôler l’immigration dans notre pays : « la France ne peut pas être le seul pays au monde à ne pas avoir le droit de décider qui doit entrer sur son territoire et qui doit le quitter »
De nouvelles règles de fonctionnement pour l’Europe
Dans une région qui a voté majoritairement contre Maastricht, il a mis en garde sur les conséquences que pourrait entraîner un refus du projet de traité constitutionnel : « si vous votez non le 29 mai, vous garderez l’Europe du traité de Nice, l’Europe qui vous exaspère, l’Europe qui vous inquiète, l’Europe qui vous menace ».
« Je ne veux plus d’une Europe qui n’a pas de patron, d’une Europe où les patrons sont des bureaucrates, d’une Europe qui ne vous défend pas » a-t-il affirmé et d’égrener une par une les avancées concrètes de la Constitution européenne.
Notre modèle social en panne …
Fustigeant les partisans du non, notamment ceux qui prétendent que cette Constitution serait d’inspiration libérale, il a rappelé que la politique sociale est de la compétence exclusive des nations et des pays de l’Union ; et d’ironiser sur le qualificatif d’ultra- libéral : « j’en ai assez d’entendre, que lorsqu’on est pas socialiste, on est ultra libéral. Je ne crois pas que l’on puisse dire que s’il y a des chômeurs en France, c’est parce que nous avons été trop libéraux ».
« Arrêtons de donner en Europe des leçons sur notre modèle social qui produit deux fois plus de chômeurs que chez nos voisins ».
« En vingt ans, on a doublé, la gauche comme la droite, les crédits pour lutter contre le chômage et on n’est pas arrivé à avoir un chômeur de moins » a-t-il affirmé et d’appeler à emprunter d’autres voies : « il est peut-être temps de se rendre compte qu’il faut faire différemment (…) les gens jugent aux résultats. Si ça ne marche pas, il faut employer une autre politique ».